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Nathalie ALSTEEN : « j’ai dépassé ces moments d’inconfort pour les transformer en opportunité ».

10 octobre 2019 Par Service communication

Propos recueillis par Erwin JULLIARD.

Erwin JULLIARD : « Bonjour Nathalie ALSTEEN, Pour celles et ceux qui ne vous connaissent pas, pourriez-vous vous présenter en quelques mots ? »

Nathalie ALSTEEN : « Bonjour Erwin et merci pour cette opportunité de pouvoir exprimer ma mission et ce que j’ai envie de transmettre au bénéfice de personnes concernées par le haut potentiel mais également l’hypersensibilité.

Pour me présenter, je suis Nathalie Alsteen, coach, thérapeute et conférencière et maintenant auteur. »

EJ : « Quel rapport entretenez-vous avec la douance ? »

NA : « J’ai découvert à l’âge de 45 ans (il y a 8 ans) que ce sentiment de décalage, ma manière de fonctionner atypique et toute une série d’éléments liés à ma haute sensibilité portaient un nom : c’était le haut potentiel.

Cela a été pour moi un choc mais aussi une révélation. Je reviens dessus dans mon livre dans lequel j’ai été très transparente parce que je pense que cela fait partie des possibilités de mieux se comprendre quand on s’identifie à un parcours ou du moins partiellement à un vécu dans un parcours de vie.

La première année, il y a eu des hauts et des bas. Tout d’abord un sentiment de toute puissance. Et puis des remises en question : qu’est-ce que j’ai fait de ma vie ? Je ne me reconnais pas dans ces mots « Haut Potentiel » et « surdoués ».

Comme beaucoup de personne je suis passée par différents stades. Cela a été compliqué, il y a eu beaucoup de mouvement émotionnel par forcément facile à accueillir. Mais j’ai dépassé ces moments d’inconfort pour les transformer en opportunité. J’ai eu besoin comme beaucoup de personne de donner du sens ; de revivre ma vie avec ce nouveau regard et cette nouvelle grille de lecture pour pouvoir mieux intégrer ce qu’était la douance. Je me suis énormément renseignée pour bien comprendre et je me suis aperçue qu’une majorité des gens que j’accompagnais étaient concernés par le haut potentiel. Petit à petit je me suis réappropriée cette grille de lecture pour revenir à moi et à comprendre que ce sentiment de décalage avait un sens : j’avais la responsabilité de faire quelque chose de ces dons et d’apporter ma contribution au monde.

Puis, comme beaucoup, j’ai connu une phase d’apaisement, puis une troisième étape où j’ai appris à revenir à moi, à ne plus m’enfermer dans les conventions.

Aujourd’hui, mon rapport à la douance a évolué et évoluera encore. J’ai capitalisé sur mes compétences et la reconnaissance de mes capacités et surtout la capacité d’aller dans ce qui me fait plaisir. La douance a pu être une grille de lecture pour me connaître mais aujourd’hui, j’ai pu passer au-delà de cette condition : c’est chouette d’être haut-potentiel, on rencontre des hauts-potentiels, on fait partie d’une communauté mais si cela n’est pas pleinement accueilli, intégré et accepté, on passe à côté de soi. »

EJ : « Pourquoi Émotifs Talentueux plutôt que haut potentiel, surdoué, zèbre… ? »

NA : « Avant de mettre des mots sur le haut-potentiel, je partageais ce sentiment de décalage avec des membres de ma famille. On s’amusait à dire que nous étions des extra-terrestres, des E.T. Le mot émotif est venu rapidement, talentueux aussi. De plus, beaucoup de personnes que j’ai accompagnée se disaient très émotives mais pas haut-potentiel.

Émotifs talentueux est venu naturellement. C’est un terme beaucoup plus doux que surdoués ou HP même si aujourd’hui j’ai appris à ne plus tenir compte de ces mots. »

EJ : « Pourquoi avoir créé le congrès douance ? »

NA : « Lorsque j’ai découvert mon haut-potentiel et que j’ai commencé mes recherches sur le sujet, je cherchais quelque chose de dynamique. À l’époque, Fabrice Micheau (formateur et fondateur de HPI talents. NDLR) m’avait donné toute une liste de forum. Ce que j’y ai trouvé m’a plombé. Pour se remettre dans le contexte, il y avait beaucoup moins d’informations sur le sujet et j’en suis arrivé à me demander si cela était normal d’aller bien.

J’ai fait mes recherches de ce qui se faisait outre-Atlantique où la douance est plus considérée comme un cadeau plutôt qu’un fardeau. Ayant vécu aux États-Unis, je gardais des contacts avec ce qui se faisait en développement personnel, notamment les congrès en ligne.

Mon intention était de toucher un maximum de personnes gratuitement. Paradoxalement, le haut-potentiel est capable de faire des connexions entre plusieurs sujets (pensée en arborescence. NDLR) mais le travail sur le haut-potentiel était, à l’époque et à mes yeux, très réducteur pour les adultes. On ne fait pas suffisamment de lien et encore aujourd’hui, il y a encore une multitude de possibilités pour cela. Je trouvais dommage que le débat ne fût ouvert que pour les experts. Je souhaitais l’ouvrir à d’autres personnes qui connaissent le haut-potentiel. Des personnes qui ont des idées, des propositions. Je voulais ouvrir les frontières et trouver de nouveaux éléments pour avancer.

Nous souhaitons donner aux gens la possibilité de mieux (se) comprendre, de donner des clés et un potentiel de transformation. Je suis très touchée lorsque des personnes viennent me voir pour me dire que le congrès a changé leur vie. Même si ce n’est que cinq personnes, cela en vaut la peine. La réalité vient bien au delà, je reçois des centaines de messages qui vont en ce sens. »

EJ : « Qu’attendez-vous de cette édition 2019 ? »

NA : « Toucher le maximum de personnes. En effet, le congrès n’a lieu qu’une fois par an et malheureusement beaucoup trop de gens ont connaissance du congrès trop tard. Ce que j’attends vraiment, c’est que l’information soit diffusée un maximum. (Un pack potentiel 2019 est disponible par la suite avec toutes les conférences avec retranscription, outils de travail et pistes de réflexion offertes par les orateurs). Malheureusement nous ne pouvons pas organiser deux congrès par an. Mettre en place un congrès comme ça demande beaucoup de moyens techniques et financiers et six mois de préparation. »

EJ : « Pourquoi avoir écrit un livre ? »

NA : « Je voulais le faire depuis très longtemps. Je voulais toucher les gens en multipliant les canaux de communication. Je voulais également un livre que je n’ai jamais trouvé : un livre qui nous aide à savoir ce que l’on fait après.

Quel travail sur moi ? Quelles sont les clés que je peux trouver ? J’ai écrit ce livre pour les personnes qui ne sont pas sures ou pour celles qui se savent concernées pour aller plus loin.

Le livre est à la fois un témoignage personnel, des témoignages d’autres personnes, une cartographie générale de la douance et ce que ça engendre, des modèles et des exercices pour aller plus loin. D’après les premiers retours, le livre semble être bien accueilli. »

EJ : « Et après ? Quels sont vos projets ? »

NA : « Du repos (rires). J’ai besoin de prendre une pause après tous ces beaux projets. Il y a le livre, le congrès, il y a le blog Regards Pluriels que je voudrais collaboratif. J’ai besoin de me reposer pour pouvoir penser à ces projets. J’ai toujours 50 000 idées à la minute ; il faut structurer tout ça.

J’ai envie de donner des conférences en 2020, de retrouver un contact physique avec les gens, d’animer des groupes tout en gardant des moments de repli sur soi importants pour son bien-être personnel et pour prendre le temps de se poser les bonnes questions. »

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